Introduction
Vous apprenez l'anglais et vous avez l'impression de stagner ? Vous n'êtes pas seul. Voici les 7 erreurs les plus fréquentes que font les francophones qui apprennent l'anglais — et surtout, comment les corriger. Ces erreurs concernent tous les apprenants : étudiants, professionnels, candidats à un examen comme l'ECL, ou simplement curieux. Certaines sont universelles, d'autres sont spécifiquement liées à notre langue maternelle, le français. Identifier ces pièges dès maintenant peut vous faire gagner des mois de travail inutile.
Erreur N°1 — Commencer par le vocabulaire avant la grammaire
Le problème
Beaucoup d'apprenants francophones commencent par mémoriser des listes de mots : animaux, couleurs, chiffres. C'est une approche intuitive… mais inefficace. Sans structure grammaticale solide, vous ne pouvez pas assembler ces mots correctement pour former des phrases.
Pourquoi les francophones font cette erreur
Le français et l'anglais partagent des milliers de mots d'origine commune (latin, normand). On a l'impression de "déjà savoir" quelque chose. On préfère donc enrichir ce vocabulaire apparent plutôt que de travailler sur les structures, souvent jugées "ennuyeuses".
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| Mémoriser 100 mots sans grammaire | Apprendre la structure sujet-verbe-complément d'abord | She is going (pas she go) |
| Apprendre "beautiful" sans savoir le placer | Connaître la place de l'adjectif avant le nom | A beautiful day (pas a day beautiful) |
💡 Solution concrète
Investissez vos 3 premières semaines exclusivement sur les bases grammaticales : temps verbaux essentiels (present simple, present continuous, past simple), pronoms, articles (a/an/the). Ensuite seulement, développez le vocabulaire — il s'ancrera bien mieux dans des structures déjà maîtrisées.
Erreur N°2 — Ne pas analyser ses erreurs
Le problème
Vous faites un exercice, vous voyez la correction, vous passez à la suite. Ce cycle répété des dizaines de fois ne produit presque aucun progrès durable. L'erreur non analysée est une erreur qui sera répétée.
Pourquoi les francophones font cette erreur
On associe souvent "apprendre" à "faire beaucoup d'exercices". La quantité rassure. Mais sans réflexion sur la nature de l'erreur, le cerveau n'enregistre pas la correction de façon durable.
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| Voir "❌" et tourner la page | Écrire dans un carnet : pourquoi l'erreur a été faite | J'ai mis "I have seen him yesterday" — le past simple s'impose avec "yesterday" |
| Refaire le même type d'exercice | Cibler précisément la règle en jeu | Chercher et refaire 5 exercices sur "past simple vs present perfect" |
💡 Solution concrète
Tenez un journal d'erreurs : une simple colonne "erreur", une colonne "règle", une colonne "exemple correct". Relisez-le une fois par semaine. Cette habitude de 5 minutes par jour transforme les erreurs en leçons définitives.
Erreur N°3 — Faire des séances trop longues sans régularité
Le problème
"Ce week-end, je vais faire 4 heures d'anglais pour rattraper." Cette pensée est familière — et contre-productive. La science de l'apprentissage est claire : la régularité bat la durée.
Pourquoi les francophones font cette erreur
Notre système éducatif nous a habitués aux révisions de dernière minute ("bûchage" avant les examens). Cette méthode peut fonctionner pour mémoriser des dates ou des formules, mais elle échoue pour l'acquisition d'une langue.
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| 4h le dimanche, rien le reste de la semaine | 20-30 min par jour, 5 jours sur 7 | Lundi : grammaire / Mardi : vocab / Mercredi : lecture… |
| Révisions massives avant un examen | Répétition espacée (spaced repetition) | Application Anki ou révisions J+1, J+3, J+7 |
💡 Solution concrète
Adoptez la méthode de la répétition espacée : révisez une notion le lendemain, puis 3 jours après, puis 7 jours après. Des applications comme Anki automatisent ce calendrier. 20 minutes par jour de travail ciblé progressent plus vite que 2 heures par semaine.
Erreur N°4 — Négliger la compréhension écrite et orale
Le problème
Beaucoup d'apprenants se focalisent sur la production (écrire, parler) et négligent la compréhension. Or, lire et écouter de l'anglais authentique nourrit le vocabulaire passif, améliore la grammaire par imprégnation, et habitue l'oreille aux rythmes réels de la langue.
Pourquoi les francophones font cette erreur
L'accent anglais est souvent jugé difficile et décourageant. On évite ce qui met mal à l'aise. Les textes authentiques semblent trop complexes. On préfère les manuels avec des dialogues simplifiés.
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| Uniquement des exercices de conjugaison | Lire un article court en anglais chaque jour | BBC Learning English, The Guardian (simple English) |
| Éviter les podcasts car "trop rapides" | Commencer avec des podcasts pour apprenants | 6 Minute English (BBC), Slow English |
💡 Solution concrète
Consacrez la moitié de votre temps à la compréhension (lecture + écoute). Lisez des articles sur des sujets qui vous intéressent. Regardez des séries avec sous-titres anglais (pas français). Cette immersion passive accélère considérablement la progression.
Erreur N°5 — Apprendre les mots hors contexte
Le problème
"To get = obtenir". C'est faux — ou plutôt, c'est incomplet. "To get" a plus de 20 sens différents selon le contexte : get up (se lever), get along (s'entendre), get over (surmonter). Apprendre un mot isolément donne une illusion de connaissance.
Pourquoi les francophones font cette erreur
Les listes de vocabulaire sont rassurantes. On peut les compter, les cocher, les mémoriser. Mais la langue réelle fonctionne en collocations, en expressions, en contextes.
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| make = faire | Apprendre make dans ses usages réels | Make a decision / make progress / make a mistake |
| do = faire | Distinguer do/make en contexte | Do the dishes / do homework / do your best |
💡 Solution concrète
Apprenez toujours un mot dans une phrase complète. Plutôt que d'écrire "run = courir", écrivez "She runs every morning before work." Ajoutez une image mentale ou une situation réelle. Le cerveau retient les mots en contexte 3 fois mieux qu'en liste.
Erreur N°6 — Les faux amis : le piège typique des francophones
Le problème
Cette erreur est spécifique aux francophones et souvent sous-estimée. Le français et l'anglais partagent des milliers de mots d'apparence similaire — mais certains ont des sens radicalement différents. On les appelle les faux amis (false friends).
Pourquoi les francophones font cette erreur
Notre cerveau cherche naturellement des points d'appui dans notre langue maternelle. Quand un mot anglais ressemble à un mot français, on suppose qu'ils signifient la même chose. Ce raccourci cognitif est une source d'erreurs fréquentes — et parfois embarrassantes.
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| Actually = actuellement | Actually = en fait, en réalité | "Actually, I disagree" = "En fait, je ne suis pas d'accord" |
| Library = librairie | Library = bibliothèque | "I found it at the library" = "Je l'ai trouvé à la bibliothèque" |
| Eventually = éventuellement | Eventually = finalement, tôt ou tard | "He eventually agreed" = "Il a finalement accepté" |
| Sympathetic = sympathique | Sympathetic = compatissant | "She was sympathetic" = "Elle était compatissante" |
| Sensible = sensible | Sensible = raisonnable, sensé | "That's a sensible idea" = "C'est une idée sensée" |
💡 Solution concrète
Créez une liste personnelle de faux amis au fur et à mesure de vos lectures. Les plus courants à mémoriser en priorité : actually, eventually, library, sensible, sympathetic, comprehensive, deception, lecture, pretend, resume. Pour chacun, notez le vrai sens anglais et un exemple d'usage.
Erreur N°7 — L'ordre des adjectifs : une logique française qui ne marche pas en anglais
Le problème
En français, nous pouvons placer les adjectifs avant ou après le nom, avec une certaine flexibilité. En anglais, quand plusieurs adjectifs précèdent un nom, ils doivent suivre un ordre précis et immuable. Ne pas respecter cet ordre produit des phrases qui sonnent fausses pour un locuteur natif.
Pourquoi les francophones font cette erreur
Cette règle n'existe tout simplement pas en français. Personne ne l'enseigne explicitement car pour les anglophones, cet ordre est instinctif. Pour les francophones, il doit être appris consciemment.
L'ordre des adjectifs en anglais
Opinion → Taille → Âge → Forme → Couleur → Origine → Matière → But + NOM
| ❌ Erreur fréquente | ✅ Correction | Exemple |
|---|---|---|
| A beautiful big old house (dans le désordre) | Opinion + Taille + Âge | A beautiful big old house ✅ |
| A French small old car | Taille avant âge avant origine | A small old French car ✅ |
| A metal big grey box | Opinion/taille avant couleur avant matière | A big grey metal box ✅ |
Exemples 🇬🇧/🇫🇷
- Une grande belle maison ancienne → A beautiful big old house 🇬🇧
- Un petit vieux chien noir français → A lovely little old black French dog 🇬🇧
- Une nouvelle longue table en bois → A long new wooden table 🇬🇧
💡 Solution concrète
Mémorisez le moyen mnémotechnique anglais : OSASCOMP (Opinion, Size, Age, Shape, Color, Origin, Material, Purpose). Lors de vos relectures, vérifiez systématiquement l'ordre dès que vous utilisez deux adjectifs ou plus devant un nom.
Pour les candidats à l'examen ECL
Si vous préparez l'examen ECL (Évaluation de Compétences Linguistiques), ces 7 erreurs sont particulièrement coûteuses. L'ECL évalue la grammaire, le vocabulaire, la compréhension écrite et orale sur des niveaux A2 à B2. Les erreurs de faux amis (erreur 6) et d'ordre des adjectifs (erreur 7) sont des pièges fréquents dans les QCM de grammaire. La faiblesse en compréhension orale (erreur 4) pénalise directement la partie listening.
La plateforme ECL Anglais propose plus de 4 395 questions réparties en 6 catégories (grammaire, vocabulaire, compréhension, idioms, phrasal verbs, word forms) pour s'entraîner spécifiquement sur chacune de ces difficultés. Commencez par un aperçu gratuit de 10 questions avant de créer votre compte.
FAQ — Apprendre l'anglais quand on est francophone
Combien de temps faut-il pour progresser en anglais quand on parle français ?
Avec 20 à 30 minutes de travail quotidien régulier, la plupart des francophones constatent des progrès mesurables en 6 à 8 semaines. La clé n'est pas la durée des sessions, mais leur régularité. Les apprenants qui travaillent 20 minutes par jour progressent nettement plus vite que ceux qui font 2 heures une fois par semaine.
Quels sont les faux amis anglais-français les plus dangereux ?
Les faux amis les plus piégeux pour les francophones sont : actually (en fait, pas "actuellement"), eventually (finalement, pas "éventuellement"), library (bibliothèque, pas "librairie"), sensible (raisonnable, pas "sensible") et comprehensive (complet, pas "compréhensif"). Ces cinq mots apparaissent régulièrement dans les textes courants et dans les examens de niveau B1-B2.
Faut-il apprendre la grammaire anglaise explicitement ou par immersion ?
Les deux approches sont complémentaires, mais les francophones adultes bénéficient généralement d'un apprentissage explicite de la grammaire en premier. Comprendre pourquoi une structure est correcte accélère l'acquisition. L'immersion (lecture, écoute) consolide ensuite ces structures de façon naturelle. L'idéal est d'alterner : 50% grammaire/exercices, 50% compréhension authentique.
Comment améliorer sa compréhension orale en anglais quand on est francophone ?
Commencez par des ressources conçues pour les apprenants : BBC Learning English (6 Minute English), VOA Learning English, ou des podcasts à débit ralenti. Écoutez d'abord avec les sous-titres anglais, puis sans. Exposez-vous à différents accents progressivement (britannique, américain, australien). 15 minutes d'écoute active par jour suffisent pour habituer l'oreille.
L'examen ECL est-il adapté à tous les francophones ou seulement aux militaires ?
L'examen ECL (Évaluation de Compétences Linguistiques) est principalement utilisé dans un cadre institutionnel. Cependant, les compétences qu'il évalue — grammaire, vocabulaire, compréhension écrite et orale — sont universelles. S'entraîner sur des questions de type ECL est bénéfique pour tout francophone souhaitant atteindre un niveau B1 ou B2 en anglais et valider ses compétences de façon rigoureuse.